RDC/Destruction de la GÉCAMINES, pillage et enrichissement sans cause:Extrait de la deuxième lettre ouverte de Jean Claude Muyambo : »Ma part de vérité »

Par Jean Claude Muyambo

En 1997, j’étais le Directeur de cabinet Adjoint et Conseiller juridique du Ministre des Mines du feu MUTUTULO KABILA.

Le Président Délégué Général de l’époque de la Gécamines, Monsieur MBAKA informera mon Ministre que plusieurs camions trucks avec des produits Gécamines venaient d’être saisis en Zambie par un certain Moise KATUMBI.

En parcourant le dossier et nous renseignant au niveau de la Gécamines, il n’y avait aucune trace de créance entre Monsieur KATUMBI et la Gécamines.

Cependant, en approfondissant nos investigations, il s’est avéré que Monsieur KATUMBI, actuel Gouverneur de la Province du Katanga aurait racheté, on ne sait de quelle manière, la créance de Monsieur KATEBE à la Gécamines.

Comme il se trouvait en Zambie et en disgrâce vis-à-vis du feu président M’zee Laurent Désiré KABILA, profitant de sa nationalité zambienne et étant introduit dans le milieu présidentiel et gouvernemental et surtout proche du Conseiller spécial du feu Président zambien Frédéric TSHILUBA qui était en même temps avocat, Monsieur KATUMBI fera ce que j’appelle le « gangstérisme juridique » pour saisir tous les produits Gécamines. Cependant, il faut souligner ce qui est important : il avait des complices au niveau de hauts responsables de la Gécamines qui l’informaient à quels moments le lot important de minerais quittait le Katanga pour la Zambie.

Ainsi, pendant 3 mois, aucun camion de minerai ne pouvait quitter Lubumbashi, les travailleurs de la Gécamines sont restés impayés. Bref la Gécamines en parfaite cessation de production.

Devant cette situation désastreuse, le feu Chef de l’Etat M’zee Laurent Désiré KABILA n’a pas trouvé d’autres solutions que d’envoyer une commission de conciliation dont le chef de la délégation fut le Ministre de la Justice et Garde de Sceau, Monsieur MWENZE KONGOLO, accompagné du Conseiller spécial du chef de l’Etat en matière de sécurité, Monsieur KAZADI NYEMBWE Didier, du feu Augustin KATUMBA MWANKE Gouverneur de la Province du Katanga et autres membres du gouvernement.

La délégation est arrivée en Zambie et va prendre contact avec le Ministre de la Justice zambien qui à son tour va prendre un rendez-vous avec le Président de la République zambienne.

Il est important que l’opinion sache qu’à ce moment là, vous aviez en plus de la nationalité congolaise, la nationalité zambienne et déteniez tous les documents officiels y relatifs. Et aujourd’hui, la nationalité italienne.

Raison pour laquelle, le gouvernement zambien s’est impliqué dans cette affaire parce qu’il s’agissait d’un ressortissant zambien (Moise KATUMBI) en conflit avec le gouvernement congolais. Voilà encore une fois de plus que non seulement vous avez roulé votre propre gouvernement mais aussi réduit vos propres frères en un état presqu’animalier.

La délégation sera reçue et le feu Président Fréderic TSHILUBA insistera pour que Monsieur Moise KATUMBI soit reçu par elle. Effectivement, vous vous êtes fait violence pour aller rencontrer la délégation congolaise qui était logée à Pamodzi Hotel à Lusaka.

Dès lors que vous avez voulu saluer le feu Gouverneur de l’époque Augustin KATUMBA MWANKE, en Kibemba en disant : « chaani bakalamba ». Celui-ci vous coupera le souffle en disant : « Monsieur je ne suis pas votre frère, vous n’êtes qu’un maffieux » Si je raconte des histoires, son Excellence MWENZE KONGOLO est à Kinshasa et peut vous le témoigner.

C’est à l’issue de cette rencontre, malgré que la Gécamines ne vous devait rien et après avoir fait souffrir des milliers de familles avec leurs suites, il y a eu un compromis pour que vous soyez payé et que les camions des minerais de la Gécamines soient libérés.

Vous n’avez pas tenu compte de la souffrance de ces milliers de travailleurs mais votre objectif primordial était de faire pression sur le feu Président M’zee Laurent Désiré KABILA, de négocier avec lui pour vous permettre de retourner au Congo.

Dès votre retour de l’exil et comme vous aviez des contacts avec les hauts responsables de la Gécamines, vous avez entrepris des démarches au motif que la Gécamines vous devait un solde de 188.000 $. Je me rappelle très bien un après-midi vous m’aviez appelé me demandant si ça ne me dérangeait pas de vous accompagner à la Gécamines parce que le rendez-vous était fixé à 14h00.

Malgré mes multiples occupations je vous ai ramené dans ma jeep Prado de couleur verte new pimpant que je venais d’acheter du Japon à la direction de la Gécamines sise avenue Kamanyola. Je conduisais moi-même vous étiez à mes cotés et Mr Paul était assis au siège de derrière c’est-à-dire on était à trois. Après usage des formalités à la garde industrielle, nous nous sommes dirigé tout droit au bureau de Monsieur Edmond MBAZ (actuel ministre près le Gouverneur). C’était la première fois pour moi d’en entendre parler et de le voir ; puisque je n’étais pas familier dans le milieu « gécaminard » c’est-à-dire dans le milieu des agents et cadres de la Gécamines.

Vous nous avez demandé à moi et à Mr Paul de vous laisser à deux.

Après une heure d’entretien avec Monsieur Edmond MBANZ, vous êtes sorti d’un air satisfait, pour ne pas dire content. J’ai eu le culot de vous demander ceci : « Président, tout va bien ? » vous m’aviez dit : « cet homme et son président délégué général viennent de me rendre un grand service et je leur serai reconnaissant. Ils viennent de me proposer que ma créance passe de 188.000 $ à 2.000.000 $ étant donné que la Gécamines n’a pas respecté ses engagements.

Mr Paul comprenait à peine le français et il vous a demandé en kibemba en disant : « c’est quoi cette histoire ?» Vous lui avez répondu, que vous lui en parlerez le soir à la maison. Vous aviez profité de l’occasion pour me dire que j’aurai 200.000 $ pour le fait que je vous ai accompagné. Somme que je n’ai jamais eue dans ma vie.

Saviez-vous qu’un jour je vous ai appelé pour vous dire que Monsieur Louis THOLE aurait raconté à d’autres personnes que je me plaignais déjà de votre comportement et que je représentais un danger pour vous. Je vous ai cherché au téléphone et je vous ai eu si je ne me trompe pas aux environs de 14h30, et à vous de me préciser que vous étiez dans les installations des usines de la Gécamines à côté de « Mumbunda » c’est-à-dire la cheminée. Vous m’aviez guidé jusqu’à ce que j’arrive là et je ne suis jamais retourné là bas. Je vous ai trouvé avec plein de jeunes gens communément appelés les 100 pour cents qui ouvraient des sacs de minerais et qui faisaient le triage manuel. C’est alors que j’ai compris que ces minerai venaient de la mine de Mbola (voir dossier Monsieur MUAMBA KABASELE dans ma première lettre) et la mine que le feu président M’zee Laurent Désiré KABILA avait, à l’époque, octroyée aux jeunes katangais.

Je vous ai posé la question de savoir qu’est-ce que vous faisiez là ? La réponse a été très claire en me disant : « Président, j’ai fait un deal avec la Gécamines pour récupérer mes 2.000.000 $, j’achète les minerais (ce qui était déjà faux), ils me cèdent leur hangar pour faire le trie et j’utilise leurs fours pour faire des lingots et je leur rétrocède un petit pourcentage pour payer les ouvriers et me permettre de récupérer mon argent.

Saviez-vous que vous m’aviez confirmé, que vous devriez récupérer votre argent dans un délai de trois mois c’est-à-dire récupérer les 2.000.000 $ us dont l’origine était incertaine et avec plus de profit ? Pour moi, c’était une bonne opération pour vous et vous vous étiez fait un peu d’argent.

Curieusement, vous êtes devenu gouverneur, vous vous êtes permis de réclamer la même somme à la Gécamines et comme vous aviez des informations selon lesquelles la Mine de Kinsevere avait un filon de cuivre (cette mine était en exploitation à l’époque en joint-ventures entre la Gécamines et la société de Monsieur SPANOANIS EVANGELATOS). Ce denier a été sérieusement menacé par vous. Dieu merci, il na pas pu piquer une crise cardiaque. Cependant, en complicité avec les hauts responsables de la Gécamines, la mine de Kinsevere vous sera remis pour votre créance de 2.000.000, créance qui était censée être apurée par l’utilisation des hangars, la prise des minerais en provenance des carrières de Mbola et de l’utilisation des fours de la Gécamines.

Profitant toujours de votre position en tant que Gouverneur et de la complicité des hauts responsables de la Gécamines, l’opinion sera scandalisée d’apprendre que vous avez vendu la mine de Kinsevere à la société ANVIL MINING au prix de 61.000.000 $ us c’est-à-dire la Gécamines a été escroquée en pleine journée par vous et en complicité avec ses dirigeants et les travailleurs n’ont vu que du noir et croupissent dans la misère totale. C’est tout à fait normal qu’après avoir récolté sans beaucoup d’effort de l’argent sale, qu’on dépense ça et là 100.000 $ voire 200.000 $ en distribuant gratuitement aux congolais sans qu’ils ne vous demandent les comptes (le cas évoquant le jour du match de l’équipe de la République Démocratique du Congo et celle de la Guinée le 9 septembre 2012). Le cas de la Gécamines, c’est la plus grande escroquerie et détournement qu’un individu ait opéré au détriment de celle-ci et de l’Etat congolais. C’est seulement quelques années plus tard que je venais d’apprendre l’histoire de l’américain Bernard MADOFF qui se ressemble à tout ce que vous faites.

Comment peut-on expliquer qu’une créance passe de 188.000 $ passe à 2.000.000 $ us, récupérée en compensation dans les installations de la Gécamines pour les services fournis à celle-ci puisse passer en 3 ans de 2.000.000 $ us à 61.000.000 $ us. Situation connue de la bourse canadienne.

Pour que l’opinion le croie, qu’elle se réfère aux auteurs ci-après : Monsieur Alain DENEAULT dans son ouvrage intitulé « Noir Canada » pillage, corruption et criminalité en Afrique, les Edition Ecosociété 2008, CP 32052, Comptoir Saint-André. Montréal (Québec) H2L4Y5. Dépôt légal : 1e trimestre 2008. ISBN 978-2-923165-42-4. pp.74-75, Monsieur Alain dit ceci dans son ouvrage : De « moins d’Etat » à « moins l’Etat » au troisième paragraphe : « …et l’homme d’affaires du Katanga, Moise KATUMBI sont aussi des amis d’Anvil. »

L’auteur de cet ouvrage s’est ressourcé à la publication de l’Institut Néerlandais pour l’Afrique Australe (NIZA) et les services d’informations d’International Peace (IPIS). Cet institut s’est référé à la Commission LUTUNDULA qui a relevé plusieurs irrégularités dans la gestion d’Anvil, comme la création suspecte de la « fiduciaire des congolais » où se retrouvaient 10% du capital d’Anvil Mining Congo, prétendument affectés à de bonnes œuvres. L’auteur lui-même doute que cette pratique soit régulière et transparente car elle ne peut servir à cacher les noms des actionnaires qu’on veut garder dans l’ombre pour diverses raisons obscures, de blanchissement des capitaux ou des rémunérations des services rendus c’est-à-dire la corruption.

Je pense pour ma part que vous avez eu à escroquer non pas seulement la Gécamines mais aussi l’Etat congolais et détourner l’argent au mépris et à l’ignorance des travailleurs.

Vous aurez ainsi encaissé sans fournir beaucoup d’effort de l’argent d’une entreprise publique, de l’Etat congolais sans tenir compte des conséquences de malheur de ses travailleurs.

Pour ma part je vous considère comme un « grand frappeur » du Katanga et pourquoi pas de ma République Démocratique du Congo.

« Deuxième lettre ouverte : Ma part de vérité »

Jean Claude Muyambo

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