RDC/Mweka :Tueries dans la localité des Bakuakenge, Evariste Boshab touché dans son âme !

Par LA RÉSISTANCE

Des milliers de personnes sont mortes dans la province du Kasaï dans un conflit intercommunautaire à Bakuakenge, une localité disputée par les provinces du Kasaï et du Kasaï central. L’on se rappelle qu’entre 2016 et 2017, les conflits dans cette zone avaient entraîné des milliers des morts et des déplacés. Cette nouvelle crise risque de menacer la paix et la stabilité des populations dans cette partie du territoire national où des conflits ont été aggravés suite notamment au découpage territorial de 2015.
L’on se souvient que les ressortissants du territoire de Mweka à Kinshasa avaient adressé un mémorandum à Félix Tshisekedi. Ils attiraient l’attention du chef de l’Etat congolais sur les tueries des 13 personnes qui ont eu lieu la nuit du 28 au 29 mars à Bakwakenge, localité située à la frontière du territoire de Mweka au Kasaï et Demba au Kasaï Central.
Ces violences découleraient d’une mésentente entre une femme d’origine luba et un homme kuba autour de l’assistance humanitaire du Programme d’assistance humanitaire –PAM-. L’on avait compté des morts et plusieurs déplacés, surtout parmi les populations Kuba. La maison du sénateur Evariste Boshab, notable kuba dont le village d’origine se situe à quelques kilomètres de Bakuakenge, a été incendiée. Ces violences et tensions intercommunautaires avaient aussi éclaté en août 2020, et y avaient causé 11 morts dont les Luba et les Kuba. Au centre du conflit, l’appartenance ou de la localité de Bakuakenge et ses habitants au territoire de Mweka au Kasai ou de Demba au Kasai Central.
Et Evariste Boshab pleura
Effectivement, le sénateur est national, mais comme tout être humain, il appartient à une tribu, un village, un territoire et un groupement. Il sied de signaler que Boshab est né des parents Kuba. C’est dire que les morts sont en premier lieu ses frères. Selon Woto Ehamba Tshimbadi Emmanuel, nul ne peut concevoir l’appartenance de Bakuakenge dans un autre territoire que celui de Mweka. Cela reviendrait à détruire toute une culture. Il explique que les Bena Milombe vivaient à Ndengele, une région enclavée au fin fond de la forêt où sévissait, d’une manière endémique, la maladie de bilharziose qui a frappé de cécité presque toute la contrée. C’est ainsi que vers les années 1945, l’administration belge a sollicité auprès du Grand Chef Nyimi des Bakuba l’hospitalité d’accueillir, sur ses terres, ces compatriotes qui étaient menacés de disparition, ce que le Grand Chef accorda sans hésiter. Mais, les populations de Demba et Mweka ont toujours vécu dans une totale ambiance de paix. Mais, si les Luba comprennent qu’ils se trouvent dans le territoire de Mweka, tout le problème sera résolu. D’ailleurs, notre interlocuteur explique que Bakuakenga signifie en kuba, le fabricant de couteaux.
Pour ce notable, le problème est plutôt d’ordre économique. Car, c’est Bakuakenga qui approvisionne la ville de Kananga en produits alimentaires. La gare de Bakuakenge est parmi les plus rentables de cette zone. Cette gare se trouve dans le territoire de Mweka. Mais pour notre interlocuteur, cela ne devrait pas conduire les populations à s’entretuer. Par ailleurs, sur le plan politique, l’appartenance de Bakuakenge à la circonscription électorale de Demba ou de Mweka est aussi un enjeu électoral. C’est dailleurs à Mweka que beaucoup de personnes de Bena Milomba viennent adhérer aux partis politiques étant donné qu’ils se considèrent comme les Kuba.
Il sied de rappeler que ce conflit avait pourtant été traité lors de la conférence pour la paix et la réconciliation entre les communautés locales de Mweka et Demba en octobre 2020 à Kananga. Notre interlocuteur ajoute qu’en sa qualité de notable, il ne cesse de lancer des appels au calme et à la justice. Il souhaite vivement que les coupables soient identifiés et sanctionnés selon les lois en vigueur dans notre pays, et que les conclusions de la conférence de paix et de réconciliation soient activées pour éviter définitivement la résurgence de ce conflit aux multiples dimensions. Nous y reviendrons.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *