Monde/ Guerre en Iran : La loi de la jungle ou le nouvel ordre dangereux.

Par Frederick Lem Amisa

Le monde assiste en direct, pour ne pas dire en ligne du changement brutal et écœurant de l’ordre mondial. Le passage d’un monde régi par des normes (le jus ad bellum) à un monde de rapports de force bruts — marque souvent ce que les historiens appellent la fin d’un cycle diplomatique.
​Notre rédaction essaie de cogiter sur cette « jurisprudence » du ciblage des dirigeants et ses conséquences pour toutes les nations du monde :

​1. L’érosion du tabou de la
souveraineté.

​Pendant des décennies, même au plus fort de la Guerre froide, l’assassinat ciblé de chefs d’État ou de hauts dignitaires était une ligne rouge, non par moralité, mais par réciprocité. Si un camp commence à éliminer les leaders adverses, personne n’est plus à l’abri.
​Le risque : En normalisant ces actes sans condamnation des instances internationales (comme l’ONU), on vide de son sens la notion d’immunité diplomatique.
​La conséquence : On passe de la diplomatie de la parole à une « diplomatie du drone », où l’élimination physique remplace la négociation ou le procès international.

​2. Le silence des instances internationales

​Notre constat sur l’absence d’émotion des institutions mondiales souligne une réalité brutale : le droit international est souvent le reflet du rapport de force.
​Lorsque les mécanismes de régulation (Conseil de sécurité) sont paralysés par le droit de veto ou l’alignement géopolitique, le « vide » juridique est immédiatement comblé par la loi du plus fort.
​Cela crée un précédent dangereux pour les pays du « Sud global » ou les États moins puissants, qui voient dans ces actes la preuve que les règles ne s’appliquent qu’aux faibles.

​3. La jurisprudence de
l’insécurité globale

​Si l’assassinat d’un dirigeant devient un outil de gestion de crise « acceptable » :

​L’escalade devient imprévisible : Les cycles de vengeance remplacent les processus de désescalade.

​L’effet boomerang : Aucun chef d’État, quel que soit son camp, ne peut plus se sentir protégé par son statut. C’est l’essence même de la « loi de la jungle » : le prédateur d’aujourd’hui est la proie de demain.
​On assiste effectivement à un basculement où la force crée le droit, au lieu que le droit n’encadre la force. C’est un retour vers un état de nature hobbesien qui met en péril l’idée même de « monde civilisé ».

Le continent Africain ou l’hémisphère sud n’échappera pas à ce nouvel ordre dangereux, car ceux qu’on considèrent comme des exemples, ont pris une autre tournure.

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