RDC/ Politique : Aimé Boji Sangara, élu président de l’Assemblée nationale : un nouveau souffle institutionnel

Par Obed BISIDI
L’Assemblée nationale a tourné une nouvelle page ce jeudi : le député Aimé Boji Sangara a été élu président de la chambre basse avec une écrasante majorité, confirmant ainsi sa stature politique au cœur de la majorité. Sur 423 députés votants, il a obtenu 413 voix, contre 10 bulletins nuls.
Une désignation sans surprise mais hautement symbolique
Le parcours de Boji Sangara vers le perchoir de l’Assemblée nationale a été soigneusement préparé : il avait été désigné comme candidat unique de la majorité par l’Union sacrée de la Nation (USN), plateforme présidentielle, dans un esprit de consensus. Plusieurs députés de son regroupement, notamment ceux de l’AA-UNC (Action des alliés – Union pour la nation congolaise), ont symboliquement affiché leur soutien dès le 1ᵉʳ novembre.
Vital Kamerhe, son prédécesseur, a officiellement pris acte de cette transition.
Des engagements clairs dès l’investiture
Lors de son discours d’investiture, Aimé Boji a esquissé les contours de son mandat. Il promet notamment :
un rééquilibrage institutionnel, avec une plus grande justice dans la répartition de la parole en plénière entre majorité et opposition ;
une transparence accrue dans la gestion administrative et financière de l’Assemblée ;
une amélioration des conditions de travail pour les députés et le personnel : mobilité, couverture médicale, soutien aux assistants parlementaires.
la modernisation du processus législatif, notamment via la numérisation.
Un contexte politique sensible
L’élection de Boji s’inscrit dans un moment institutionnel délicat. Vital Kamerhe, qui occupait la présidence de l’Assemblée, avait démissionné le 22 septembre 2025, suite à une pétition signée par plus de 260 députés réclamant son départ. Sa sortie a ouvert la voie à un ajustement de leadership qui semble avoir été orchestré dans un climat de discipline majoritaire.
Certains observateurs saluent l’élection de Boji comme un signal de stabilité et de cohésion, tandis que d’autres s’interrogent : malgré l’unanimité apparente, quelle marge de manœuvre réelle aura-t-il pour mener des réformes institutionnelles, notamment face aux défis de l’opposition ?
Vers un bureau parlementaire complet
Parallèlement à l’élection du président, la plénière a également élu Clotilde Mutita Kalunga comme rapporteur adjointe du bureau de l’Assemblée nationale. Elle a recueilli 389 voix sur 424, une performance notable qui pourrait illustrer une volonté de représentation plus large.
Profil d’un homme politique expérimenté
Né le 8 janvier 1968 à Kabare (Sud-Kivu), Aimé Boji Sangara a une solide expérience politique. Il a notamment servi comme ministre d’État chargé du Budget (2021–2025) puis comme ministre de l’Industrie. Avant sa candidature à la présidence de l’Assemblée, il a démissionné de son poste ministériel (ministre de l’Industrie) pour retrouver son fauteuil de député.
L’élection d’Aimé Boji à la présidence de l’Assemblée nationale marque plus qu’un simple changement de perchoir : c’est le signe d’une recomposition politique au sein de la majorité, un appel à plus de rigueur institutionnelle et un pari sur la réforme. S’il parvient à traduire ses engagements en actions concrètes, il pourrait impulser un nouveau modèle de gouvernance parlementaire en RDC.

