RDC/ Un an après l’occupation de Goma, l’ANVC réclame mémoire, justice et deuil national

Par Franck Tshilomba

Un an après l’occupation de la ville de Goma (Nord-Kivu) par les rebelles du M23/AFC, soutenus par l’armée rwandaise, l’Association Nationale des Victimes du Congo (ANVC) a fait ce mardi 27 janvier à la presse une déclaration marquée par la douleur, la dénonciation et l’appel à la justice.

Pour l’ANVC, le 27 janvier ne peut en aucun cas être considéré comme une date de victoire, mais doit rester un jour de deuil, de mémoire et de recueillement national.

Selon cette structure, les informations recueillies auprès des victimes, des survivants et des organisations de défense des droits humains, font état de plus de dix mille personnes qui ont perdu la vie à Goma et dans ses environs depuis le début de l’occupation.
Plus de trois mille autres ont été blessées, certaines arrachées de force des hôpitaux alors qu’elles recevaient encore des soins, en violation flagrante du droit international humanitaire.

L’ANVC dénonce de graves exactions commises contre les populations civiles, notamment la mutilation de corps sans vie, l’enlèvement de blessés de guerre et de patients hospitalisés, la destruction d’infrastructures sanitaires, le saccage de sites de déplacés internes ainsi que des pillages organisés.

L’association s’interroge également sur le sort des biens pillés en République démocratique du Congo, évoquant leur possible transfert vers le Rwanda.

Femmes, enfants, jeunes et personnes âgées figurent parmi les principales victimes de cette occupation armée. Bombardements aveugles, exécutions sommaires, enlèvements, tortures, violences sexuelles et climat de terreur ont profondément marqué la population de Goma et des zones environnantes.

En ce jour de mémoire, l’ANVC appelle tous les Congolais, la diaspora, la communauté nationale et internationale, ainsi que toutes les victimes et survivants, à s’unir pour honorer les morts et refuser toute banalisation de ces crimes, qualifiés de violations graves des droits humains et du droit international humanitaire.

L’association demande officiellement au gouvernement de la République démocratique du Congo de déclarer le 27 janvier journée de deuil national afin de rendre hommage aux victimes de Goma et de toutes les zones touchées par l’agression armée.

Elle plaide également pour que les autorités, avec l’appui de leurs partenaires, franchissent l’étape de la réparation des victimes, condition essentielle à leur survie et à leur dignité.

Enfin, l’ANVC réitère son appel à l’ouverture et à l’accélération de poursuites judiciaires internationales contre tous les auteurs, co-auteurs et commanditaires des crimes commis à Goma et dans les territoires sous occupation.

Pour l’ANVC, le 27 janvier doit rester un symbole de solidarité nationale, d’engagement pour la vérité et de combat pour la justice et la dignité des victimes du Congo.

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