Les chefs d’établissements de la province éducationnelle Kasaï 1 alertent sur la détérioration de la qualité de l’enseignement et exigent la fin de la bourse accordée aux filles par le projet PAAF

Par Bernard Onakana Mukendi


Les chefs d’établissements scolaires secondaires publics de la province éducationnelle Kasaï 1 dénoncent la détérioration de la qualité de l’enseignement qu’ils attribuent à la mise en œuvre de la sous-composante « bourse accordée aux filles » du projet PAAF. Ils menacent de renvoyer les élèves bénéficiaires si les responsables du projet ne respectent pas leurs engagements dans un délai de 48 heures.


Ils se sont réunis le vendredi 18 avril à l’Institut Tshikunga, dans la sous-division de Tshikapa 2, située dans la commune de Dibumba. Selon eux, les fonds alloués à la bourse PAAF feraient l’objet de détournements de la part de certains animateurs proches du ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté à Kinshasa.


Sur les quatre sous-composantes du projet, les responsables scolaires affirment que celle liée à la bourse n’a jamais été pleinement opérationnelle au Kasaï.
Les chefs d’établissements regrettent l’évolution qu’ils jugent critique et peu pragmatique du projet, tout en listant plusieurs griefs formulés par les enseignants de la province éducationnelle Kasaï 1.


« Nous reprochons à ce projet le dysfonctionnement des écoles secondaires publiques depuis leur prise en charge par le PAAF, le non-respect intentionnel du manuel de procédure de la bourse, l’échec de la feuille de route issue de la table ronde tenue en août 2025 à Kinshasa, le non-respect des procédures de recrutement des ONG chargées d’identifier les élèves et leurs tuteurs, notamment dans le cas de l’ONG ACDHI qui a importé des agents de terrain, ainsi que le non-respect du calendrier scolaire 2025-2026. Pour sauver l’éducation, les parents doivent se préparer à reprendre en charge les études de leurs filles », a déclaré André Nkongolo, président intersyndical des syndicats des enseignants.


Dans une déclaration lue par ce dernier, les responsables scolaires réitèrent leur menace de renvoyer les élèves concernées si le projet ne répond pas favorablement à leurs revendications dans les 48 heures.


« Nous exigeons l’annulation de la sous-composante bourse scolaire accordée aux filles par le projet PAAF. Nous demandons également le paiement de la deuxième tranche de l’année scolaire 2024-2025, ainsi que le règlement sans délai de la totalité des frais de scolarité conformément aux effectifs déjà identifiés. Faute de quoi, toutes les filles seront renvoyées afin de payer les frais de toute l’année, permettant ainsi aux écoles de fonctionner normalement », a-t-il poursuivi.


Sur le terrain, plusieurs observateurs rappellent que le Projet d’apprentissage et d’autonomisation des filles (PAAF), initiative du gouvernement congolais financée par Banque mondiale, repose sur quatre sous-composantes : la bourse scolaire pour les filles, la construction d’écoles, la formation des enseignants et la distribution de manuels scolaires.


À ce jour, seule la bourse a été lancée, avec un taux d’exécution estimé à environ 5 %, alors que l’année scolaire touche progressivement à sa fin.

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