Les origines des missiles balistiques, depuis la 2ème guerre mondiale à la guerre americano-Israëlo contre le régime de Mollah

Par Frederick Lem Amisa
L’histoire des missiles balistiques est le récit d’une transition technologique majeure, faisant passer l’artillerie du simple projectile de courte portée à une arme capable de frapper à travers les continents, en sortant puis en rentrant dans l’atmosphère.
c’était pendant la deuxième guerre mondiale que les alliés faisaient face à un puissant projectile tiré depuis les terres allemandes, jusqu’en Angleterre. Cette arme redoutable était appelée V2.
Après la défaite d’hitler, les alliés se sont partagés le territoire allemand, ainsi que les scientifiques. L’inventaire du V2 sera récupéré par les USA.
1. La Genèse : Wernher von Braun et le V2 (1939-1945)
Tout commence à Peenemünde, en Allemagne. Sous la direction de Wernher von Braun, les ingénieurs nazis développent le A4, plus connu sous le nom de V2 (Vergeltungswaffe 2 ou « Arme de représailles 2 »).

L’innovation : C’est le premier objet humain à effectuer un vol suborbital. Contrairement aux avions, il utilise un moteur-fusée à propergol liquide (éthanol et oxygène liquide) et un système de guidage par gyromètre.
L’impact militaire : Bien que terrifiant (plus de 3 000 tirs sur Londres et Anvers), le V2 était peu précis et coûteux. Son importance historique réside dans la preuve qu’une fusée peut transporter une charge explosive à plus de 300 km de distance à des vitesses supersoniques.
2. L’Héritage et l’Essor Américain (1945-1960)
À la fin de la guerre, les États-Unis lancent l’Opération Paperclip, visant à exfiltrer von Braun et ses ingénieurs avant que les Soviétiques ne s’en emparent.
Redstone et Atlas : Von Braun intègre l’armée américaine pour concevoir le missile Redstone, une version améliorée du V2. La course aux armements avec l’URSS pousse ensuite au développement de l’Atlas, le premier missile balistique intercontinental (ICBM) américain, capable de porter une tête nucléaire à plus de 10 000 km.

La Double Nature : Ces missiles servent de base aux lanceurs spatiaux. C’est une fusée Redstone qui enverra le premier Américain dans l’espace, illustrant le lien indéfectible entre puissance militaire et conquête spatiale.
3. La Dissémination : Des SCUD au Programme Iranien
Pendant la Guerre froide, l’URSS exporte massivement le missile Scud (dérivé lui aussi des concepts du V2). Ce missile devient la « monnaie d’échange » balistique dans le tiers-monde.
Le cas de l’Iran
Le programme balistique iranien est aujourd’hui l’un des plus importants du Moyen-Orient. Son évolution s’est faite par étapes :
La Guerre Iran-Irak (1980-1988) : Face aux frappes irakiennes, l’Iran réalise son besoin vital de missiles. Il commence par acheter des Scuds à la Libye et à la Corée du Nord.
L’Indépendance Technologique : Téhéran a ensuite procédé à de la « rétro-ingénierie » (démontage et copie). Le missile Shahab-3, d’une portée de 1 300 km à 2 000 km, en est le résultat emblématique.
Aujourd’hui, le programme s’est diversifié avec des missiles à combustible solide (plus rapides à lancer) comme le Sejjil, et des missiles de précision. Contrairement aux grandes puissances, l’Iran met l’accent sur les missiles balistiques comme outil de dissuasion conventionnelle et
régionale
Dans la stratégie militaire, les missiles ne sont des armes de dissuasion, mais l’Iran a surpris les experts militaires, en faisant des missiles des armes redoutables, plus que les avions de chasse de dernière génération. Soulignons que la RDC a eu aussi son programme balistique avec le maréchal Mobutu, qui malheureusement n’a jamais atteint la maturité.

