Monde/ Guerre en Iran : une tour de babel diplomatique des grandes puissances partagées, entre intérêt économiques et idéologiques

Par Frederick Lem Amisa
Le conflit actuel, marqué par l’avènement de Mojtaba Khamenei comme Guide Suprême après le décès de son père fin février, cristallise des tensions qui dépassent largement les frontières du Moyen-Orient. 11 jours de guerres intenses entre l’Iran et la coalition americano-israélienne nous poussent à une analyse basée sur les divergences d’intérêt entre la Chine, la Russie et les USA. Même si certaines puissances ne sont pas officiellement en guerre, mais ils ne sont pas restées non plus les bras croisés.
1. Les USA : L’Idéologie du « Changement de Régime »

Sous l’administration de Donald Trump, la position américaine s’est radicalisée.
Objectif Idéologique : Washington présente ce conflit comme une lutte contre un « régime terroriste ». L’appel direct de Trump aux Iraniens pour « prendre le contrôle de leurs institutions » et les frappes sur les infrastructures des Gardiens de la Révolution visent un effondrement du système actuel.
Intérêt Économique : Malgré la flambée du baril de pétrole (dépassant parfois les 110 $), les USA parient sur leur indépendance énergétique pour absorber le choc, tout en cherchant à asphyxier définitivement l’économie iranienne pour réduire son influence régionale.
2. La Chine : La Patience
du « Bouclier Économique »
Pékin joue un jeu beaucoup plus subtil, refusant de s’aligner sur une rhétorique guerrière.
Intérêt Économique : L’Iran est un maillon clé des « Nouvelles Routes de la Soie ». La Chine a besoin de la stabilité du détroit d’Ormuz pour ses approvisionnements. Un conflit prolongé est un revers à court terme, mais Pékin se positionne déjà comme le futur architecte de la reconstruction.
Objectif Idéologique : La Chine prône la « souveraineté et l’intégrité territoriale », s’opposant à l’ingérence américaine. En fournissant un soutien diplomatique et technologique discret (comme le suggèrent les récents rapprochements militaires), elle offre à Téhéran une alternative au bloc occidental.
3. La Russie : L’Opportunisme Stratégique
Pour Moscou, le front iranien est une extension de sa confrontation globale avec l’OTAN.
Objectif Idéologique : Soutenir l’Iran permet de consolider un pôle « anti-hégémonique ». La Russie utilise le chaos au Moyen-Orient pour détourner l’attention et les ressources américaines de l’Europe de l’Est.

Intérêt Économique : La hausse mondiale des prix de l’énergie profite directement aux exportations russes. De plus, la coopération militaire (drones, missiles) crée une interdépendance qui assure à la Russie un allié indéfectible au sud.
Une diplomatie de l’impossible ?
Le blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran et les frappes mutuelles avec Israël ont créé une situation où les intérêts divergent radicalement :
Les USA veulent une victoire politique rapide.
La Chine veut une stabilité commerciale à long terme.
La Russie veut un enlisement qui affaiblit l’Occident.
En dépit de tout ce qui précède, l’Iran nous a démontré ses capacités militaires et sa résilience, malgré la mort du Guide suprême. Les gardiens de la révolution ripostent au-delà du territoire, et mettent en difficulté les intérêts économiques américains dans le golf persique, ainsi que la défense israélienne.

