RDC/Afriland First Bank:Les réseaux maffieux dénoncés !

Par LA RESISTANCE

Il y a quelques mois, l’affaire de cette banque a tenu l’opinion publique en haleine. A la suite des dénonciations faites face à la communauté nationale et internationale par deux lanceurs d’alerte, cette banque s’est trouvée du coup sur des charbons ardents. Au point de faire planer des doutes sérieux sur le système bancaire congolais. Ses dirigeants ont même été interpellés par l’Agence  de prévention et de lutte contre la corruption.

 Tout est parti de la dénonciation faite par deux lanceurs d’alerte sur l’existence au sein de cette banque des réseaux maffieux. Et que c’est l’homme d’affaires israélien, Dan Gertler, à l’époque sous sanctions américaines qui bénéficierait des opérations de ces réseaux, même s’il s’en défend et dit ne rien connaître du réseau de blanchiment qu’on lui prête.

A en croire une enquête menée par RFI, l’on apprend que les deux lanceurs d’alerte étaient des membres du service d’audit d’interne de la banque. Les deux hommes étaient en droit et en position de pouvoir enquêter au sein de la banque. L’autre lanceur d’alerte, Navy Malela, qui est resté jusqu’en février 2020, était non seulement auditeur, mais il est entré à Afriland First Bank comme informaticien. Il était donc en mesure d’accéder aux bases de données de la banque. D’ailleurs, Afriland ne conteste pas que les documents présentés proviennent de ses registres, elle affirme juste qu’ils ont été falsifiés. 

Ensuite, ces derniers auraient emporté dans leur fuite de milliers pages de documents bancaires, des relevés de différents comptes. RFI a pu vérifier une partie des informations, notamment grâce à des rapports du cabinet d’audit PwC qui auditait les comptes d’Afriland First Bank jusqu’en 2019, des registres des sociétés, des témoignages aussi de clients et d’autres sources internes.

Sur le fond, dans les milieux bancaires, rien ne surprend dans les révélations des anciens employés d’Afriland First Bank CD. Plusieurs des banques les plus en vue à Kinshasa fonctionneraient de la même manière. L’exemple de Western Financial Services

Selon le registre du commerce du Congo, Western Financial Services est une société créée le 4 juillet 2018, après la mise sous sanctions de l’homme d’affaires israélien et de ses sociétés. Il s’agit d’une société d’investissement dirigée par Zenon Mukuku. À en croire le rapport de l’initiative de transparence des industries extractives de 2014, il dirigeait également Orama Properties sous sanctions américaines pour ses liens avec Dan Gertler.

Depuis, elle est mentionnée comme en liquidation.

Autre élément concordant : le rapport du grand cabinet d’audit PricewaterhouseCoopers (PwC) sur les états financiers 2018 d’Afriland First Bank CD. Le cabinet d’audit mentionne ce lien avec une société sous sanctions sans préciser laquelle… tout en affirmant que les comptes de la banque respectaient les principes comptables en vigueur en RDC.

La BCC était-elle informée de l’existence de cette société – Western Financial Services – et de ses liens supposés avec une entité sous sanctions? Quoi qu’il en soit, le dossier ne trouve toujours pas une solution qui puisse rassurer la clientèle et l’opinion congolaise. C’est dire qu’il y a encore beaucoup à faire dans cette affaire qui a terni l’image du système bancaire congolais.

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