RDC : Human Rights Watch dénonce une répression des manifestations et appelle à des enquêtes indépendantes

Par Obed BISIDI
L’organisation internationale de défense des droits humains Human Rights Watch (HRW) accuse les forces de sécurité de la République démocratique du Congo d’avoir eu recours à une force excessive lors des manifestations organisées le 12 juin 2026 à Kinshasa contre le projet de loi sur le référendum.
Dans un communiqué publié le 9 juillet, HRW affirme avoir recueilli des témoignages faisant état de violences commises à l’encontre de manifestants, parmi lesquels des responsables de partis politiques d’opposition et des militants de la société civile. L’organisation évoque également plusieurs arrestations et des blessés enregistrés au cours de ces rassemblements.
Selon Human Rights Watch, les manifestations, qui dénonçaient un texte susceptible, selon les opposants, de prolonger le mandat du président Félix Tshisekedi, ont été dispersées par les forces de sécurité au moyen de gaz lacrymogènes et d’un usage jugé disproportionné de la force. L’ONG estime que ces pratiques portent atteinte aux droits garantis par la Constitution congolaise ainsi qu’aux engagements internationaux de la RDC en matière de liberté d’expression et de réunion pacifique.

L’organisation appelle les autorités congolaises à ouvrir des enquêtes impartiales sur les allégations de violences, à identifier les auteurs d’éventuels abus et à garantir que les citoyens puissent exercer librement leurs droits sans intimidation ni répression.
De son côté, la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) a également fait état de plusieurs dizaines d’interpellations lors des manifestations. Les autorités congolaises n’ont pas encore réagi officiellement aux conclusions du rapport de Human Rights Watch.

Cette publication intervient dans un contexte de fortes tensions politiques autour du débat sur la réforme référendaire, alors que plusieurs acteurs politiques et organisations de la société civile réclament le respect des libertés publiques et un dialogue apaisé entre les différentes parties prenantes.
Le rapport de Human Rights Watch relance ainsi le débat sur la protection des droits fondamentaux en République démocratique du Congo et sur les conditions d’encadrement des manifestations publiques dans le pays.

