RDC/ Le dialogue est une denrée nécessaire pour résoudre la crise multiforme que traverse le pays [Tribune]

Par Frederick Lem Amisa

Il est prouvé que le dialogue est une denrée nécessaire pour résoudre les crises, qu’elles soient politiques, sociales ou économiques. En tant que moyen de communication efficace, le dialogue permet d’établir un pont entre des parties aux points de vues divergents, favorisant ainsi la compréhension mutuelle et la recherche des solutions pacifiques et durables. Les Congolais doivent savoir que c’est par le dialogue ou la table ronde de Bruxelles en Belgique, que nos leaders politiques avaient obtenu la souveraineté nationale et internationale, face aux colonisateurs. Autant de fois qu’il sera nécessaire, il faudra dialoguer entre-nous pour sauver la patrie.

Contexte politique

Dans le contexte d’une crise multiforme, le dialogue doit être inclusif. C’est-à-dire qu’il doit impliquer toutes les parties prenantes : gouvernement, opposition (armée ou non armée), société civile, autorités coutumières, leaders religieux, leaders communautaires, ainsi que la jeunesse. Les réalités socio-politiques sont aussi dynamiques. Plusieurs conflits ont vu le jour à travers le pays à cause des problèmes liés à des facteurs endogènes (mauvaise gouvernance, etc.) et exogènes ( guerres d’agression, etc). De l’Est à l’ouest, du Nord au sud, nous assistons impuissant à des conflits de plus en plus meurtriers, que nous devons résoudre par le dialogue, et surtout que nous assistons à des divergences majeures entre le pouvoir et l’opposition armée, malgré les pourparlers de Doha et la signature d’un accord de paix à Washington.

Contexte sécuritaire

L’Est de la RDC, comprenant les provinces du Nord-Kivu, du Sud-kivu, de l’Ituri et du Tanganyika, est la région la plus touchée par la violence. Plus de 120 groupes armés y sont actifs, en plus des affrontements récurrents entre l’armée Congolaise (FARDC) et ces groupes armés majeurs tels que : l’AFC/M23, les forces démocratiques alliées (ADF), la coopérative pour le développement du Congo (CODECO) et les forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Sans oublier les affrontements entre les milices ba Bémbé et les Banyamulenge dans les Hauts-plateaux de Minembwe.

  • À l’ouest du pays, plus précisément à l’entrée de la ville province de Kinshasa, la milice Mobondo qui est le résultat d’un conflit Intercommunautaire, sème la terreur. Elle affronte régulièrement l’armée.
  • Dans le Maï-Ndombe et les Kasaïs, les conflits ethniques éclatent sporadiquement.
  • Au sud, les miliciens Bakata Katanga n’ont jamais totalement mis fin à leurs projets.

Contexte humanitaire

Nous assistons à des déplacements massifs des populations, à des violations des droits de l’homme, à des crises sanitaires sans précédents, à des violences Intercommunautaires meurtriers.

Remédier les conflits par un dialogue

L’absence de dialogue peut avoir des conséquences désastreuses, au regard du tableau ci-haut dressé. Les solutions militaires ont démontrées leurs limites, et il est temps que nos leaders s’assoient pour dialoguer sincèrement et de façon transparente, afin de régler pacifiquement nos problèmes existentiels. Notre pays en a besoin pour éviter la balkanisation qui commence à prendre forme. Que le chef de l’État, garant de la nation instaure urgement un dialogue inter-congolais pour mettre fin à cette crise multiforme qui gangrène ce beau pays.

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