RDC/ OCC : Le Directeur général Étienne Tshimanga suspendu pour fautes lourdes, une commission de redressement annoncée

Par Obed BISIDI
L’évolution était attendue. Elle est désormais officielle.
Le Directeur général de l’Office Congolais de Contrôle (OCC), Étienne Tshimanga Mutombo, a été suspendu à titre conservatoire de ses fonctions par le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya.
L’arrêté ministériel a été signé ce lundi 16 février 2026 suite à des fautes lourdes de gestion officiellement reconnues.
D’après la cellule de communication du ministère, cette suspension intervient pour :
l’installation d’un système informatique parallèle de contrôle des importations et des exportations ;
la facilitation de l’usage frauduleux de fausses Attestations de Vérification (AV) ;
un manque à gagner évalué à des milliers de dollars américains ;
une gestion jugée chaotique des ressources humaines et financières ;
des faits d’insubordination.
Le ministère évoque « l’urgence de sauver du naufrage » cet organisme à caractère scientifique et technique.
Ces accusations viennent confirmer, au moins partiellement, les dénonciations formulées par les travailleurs de l’OCC dans leur lettre ouverte du 30 janvier dernier.
Des alertes internes désormais corroborées
Dans leur correspondance, les agents de l’Office dénonçaient déjà :
des engagements massifs et non maîtrisés ;
l’octroi irrégulier de grades à des agents ne disposant pas des qualifications requises ;
des réseaux organisés autour des fausses AV dans le logiciel D.A.U. ;
une détérioration grave de l’équilibre financier ;
des salaires impayés.
Ce qui apparaissait encore, il y a quelques semaines, comme un conflit administratif interne prend aujourd’hui une dimension institutionnelle.
Une commission de redressement annoncée
Autre fait majeur : le ministre a institué une commission de redressement de l’OCC, dont la composition et les missions spécifiques seront fixées par un arrêté ultérieur.
Ce mécanisme laisse entendre que la crise dépasse le seul cas du Directeur général et pourrait révéler des dysfonctionnements structurels plus profonds.
Suspension conservatoire : première étape ou simple transition ?
Si la suspension marque un durcissement par rapport aux précédentes mesures conservatoires générales, elle demeure juridiquement provisoire.
Une question reste donc posée : La procédure disciplinaire aboutira-t-elle à une révocation formelle si les faits sont établis ? Ou cette suspension restera-t-elle une mesure transitoire ?
L’opinion publique et les travailleurs attendent désormais que la commission de redressement ne se limite pas à un exercice administratif, mais qu’elle débouche sur des décisions claires en matière de responsabilité.
Un test pour la crédibilité de la gouvernance
L’OCC constitue un maillon stratégique du commerce extérieur de la RDC. Les accusations portant sur un système informatique parallèle et des fausses attestations de vérification touchent directement à la crédibilité du contrôle des importations et exportations.
En prenant cette décision, le ministre Julien Paluku Kahongya joue désormais sa propre crédibilité.
L’enjeu dépasse un homme : il s’agit de démontrer que la lutte contre la mauvaise gouvernance ne s’arrête pas aux déclarations d’intention.
Les prochains jours seront décisifs.

