Victimes de la barbarie des combattants de l’UDPS Des journalistes ont été molestés dans l’exercice de leur métier

Victimes de la barbarie des combattants de l’UDPS
Des journalistes ont été molestés dans l’exercice de leur métier

Dans tous les pays qui se veulent démocratiques, et même en période de guerre, les professionnels de médias sont toujours protégés par les parties en conflit. Car, au lieu de se contenter des communiqués que les protagonistes diffusent pour justifier leurs attaques et montrer la pertinence de leurs positions sur le terrain, l’opinion publique, très souvent, suivent de près les reportages faits par les médias écrits ou audiovisuels. Mais, ce qui s’est passé mercredi 24 juin 2020 à Kinshasa, dépasse tout entendement, et se situe à l’antipode des prescrits de la démocratie.
En effet, alors qu’ils avaient pris position aux alentours du Palais du peuple pour suivre les manifestations des militants de l’UDPS contre les propositions de lois initiées par les députés FCC Aubin Minaku et Garry Sakata, les journalistes présents ont été pris pour cibles, sans aucune autre forme de procès. Les uns ont été sérieusement passés à tabac, leurs véhicules détruits, et d’autres ont vu leurs biens immobiliers détruits et leurs biens meubles emportés par une foule incontrôlée, n’obéissant qu’à sa propre logique. Ce comportement a énervé le ministre des Droits Humains, André Lite. Dans une déclaration faite le soir même des manifestations, ce dernier juge « inacceptables les actes de vandalisme perpétrés par les manifestants dans un État de droit. «Rien ne peut justifier sous quelques prétextes, le fait de s’attaquer aux personnes et à leurs biens. Nous ne souhaitons pas ce genre de comportement dans un Etat de droit. Les Congolais de tous les camps politiques aspirent bien à ce que nous soyons un pays des droits. Un pays où les droits individuels et collectifs sont garantis. Un pays où l’on peut effectivement se retrouver en situation de contradiction quel que soit le thème en vue, sans qu’il y ait des gens qui soient attaqués comme c’est le cas depuis quelques jours avec des députés nationaux et des sénateurs. ».
Des victimes innocentes
Les journalistes attaqués n’ont donc fait qu’exercer leur métier. En effet, comme le recommande la déontologie, au lieu de suivre les manifestations à partir de leurs rédactions, ils ont préféré descendre sur le terrain, pour mieux rapporter les faits à leurs lecteurs et auditeurs. Trois d’entre eux ne sont donc que des victimes innocentes.
Il s’agit notamment de Jean Marie Bassa, directeur de Flash info, un journal paraissant à Kinshasa, qui a déclaré avoir été attaqué au siège de l’UDPS, par un groupe de militants de ce parti politique. « Je me suis rendu au Palais du peuple où j’ai couvert une partie de la manifestation. Voulant compléter mon reportage, je me suis dirigé par la suite au siège de l’UDPS en portant mon gilet de presse et ma carte de presse comme signes distinctifs. Arrivé sur place, les militants de l’UDPS m’ont chassé violemment en disant qu’ils n’ont pas besoin des journalistes. Dans un laps de temps, ma voiture a été endommagée et mon photographe attaqué. Ils se sont dirigés vers moi en me tabassant et me blessant sur la tête ».
Claude Molisho, journaliste à la Radiotélévision Nationale Congolaise –RTNC- et chroniqueur politique, qui a été passé à tabac par des manifestants au Palais du Peuple. Il a eu une fracture à son bras droit, avant d’être soigné dans un centre médical ;
Et Jean Marie Kassamba, directeur de Télé 50, chaîne proche de l’ancien président Joseph Kabila, a vu sa résidence située non loin du Palais du peuple, attaquée et saccagée par des militants qui scandaient des slogans hostiles à son endroit.
A la suite de ces attaques injustifiées, JED en appelle à tous les leaders politiques, du pouvoir et de l’opposition, de se prononcer clairement contre ces violences récurrentes contre les médias et d’appeler leurs militants à respecter le travail des journalistes lors de leurs manifestations publiques.
La Rédaction

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