RDC : 29 décembre 2017- 29 décembre 2020, 3 ans après la lucha se rappelle de la souffrance lui infligée par le régime Kabila.

Par Espoir Botumba

Au pouvoir depuis plus de 18 ans, le président Joseph Kabila refusa d’organiser les élections en décembre 2016, élections qui devaient mettre fin à son 2e et dernier mandat de 5 ans.

La jeunesse congolaise et la Lucha ainsi que d’autres mouvements sociaux congolais en particulier, avaient tous pris la décision d’exiger le départ de Monsieur Kabila du pouvoir de manière pacifique. Faute d’organiser les élections, les dates du 29, 30 et 31 décembre 2017 ont été choisies par la Lucha à travers la République Démocratique du Congo pour manifester et exiger le départ de Monsieur Kabila.
À Kananga, au centre du pays, la Lucha s’est mobilisée tôt le matin du 29 décembre malgré l’impressionnant dispositif policier et militaire déployé dans la ville pour étouffer toute tentative de soulèvement, la bravoure et détermination avaient remporté sur la peur et l’intimidation.
Jacques Issongo, militant et l’une de victimes de cette manifestation nous livre son témoignage.
« Au marché salongo, où la marche devait commencer, la police nous intima l’ordre de nous disperser (sans usage de gaz lacrymogène) au motif de la situation particulière du Kasaï avec la présence des éléments miliciens de Kamuena Nsapu.
Face à notre refus de bouger d’un pied, le Général Kahumba, faisa son déplacement et hurla sur moi : dispersez vous tout de suite, je lui répondu : mon Général, avec beaucoup de respects, nous ne bougerons d’ici.
Il ajouta : je suis prêt à vous rendre un exilé si tu t’entêtes. Et il ordonna sa police de me jeter dans sa jeep avant de voir tous les 10 autres militants me suivre et monter dans la jeep par solidarité (vivre ensemble ou mourir tous) ».

Poursuit en disant « Quelques minutes plus tard, nous débarquons devant la mairie de la ville, en présence de quelques vingtaine de motos qui avaient voulu nous soutenir le long du trajet.
Le maire de la ville nous a, à son tour rossé des coups dans son bureau avec des menaces de morts à notre endroit.
Cette journée du 29 décembre 2017 fut une journée trop longue, épuisante et particulièrement stressante.
De la mairie, nous étions conduits à l’IPK (Inspection Provinciale de la Police du Kasai Central) où nous ne savions pourquoi nous étions interpellés car nous avions saisi deux jours auparavant la mairie pour notre action pacifique ». Ce n’était que tard dans la soirée que ces militants de Lucha ont été ramenés à P2, cachot dédié aux policiers et militaires situés à quelques pas de la maison communale de Kananga, au centre ville.
Une première nuit, affamés.

Pour Jacques Issongo,  » le lendemain,un interminable combat pour obtenir notre libération après nous avoir jeté en prison.
La date du 30 décembre sera ainsi la plus dure car tabassés et torturés à volonté au parquet de Kananga.
C’était donc la deuxième fois que nous venions d’être interpellés (23 décembre 2017, arrêtés pour avoir exigé les élections générales et dire non à l’élection du gouverneur Kambayi par les députés provinciaux fin mandat depuis 2011).
Un mois plus tard, nous avions été acquittés ».

Voici la liste de quelques militants arrêtés le jour là :

  1. Jacques Issongo, 2. Albert Mbelenge, 3. Albert Ngalamulume, 4. Dibelayi Norbert, 5. Clément Katabua, 6. Aimable Kapuku, 7. Adèle Ilunga, 8. Pontien Misenga, 9. John Mwepu, 10. Clément Katumba.

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