RDC/Affaire FFN-ACE:Ève Bazaiba en rébellion contre le Conseil d’état et contre le chef de l’état

Par Obed BISIDI

La ministre de l’Environnement, Ève Bazaiba, est de plus en plus pointée du doigt pour son refus persistant d’appliquer des décisions émanant aussi bien de la justice que de la plus haute autorité politique du pays. Deux dossiers explosifs illustrent cette posture de défiance : celui d’Honoré Mulumba, DG du Fonds Forestier National (FFN), et celui de Delphin Lama, DG de l’Agence Congolaise de l’Environnement (ACE).

Dans le premier cas, la ministre refuse d’exécuter une ordonnance claire du Conseil d’État réhabilitant Honoré Mulumba dans ses fonctions. Malgré une tentative de reprise de ses bureaux le 22 juillet, le DG a été bloqué par des manœuvres orchestrées par le cabinet de la ministre. Une situation qui viole le principe fondamental de respect des décisions judiciaires dans un État de droit.

Quant au second cas, il s’agit d’un fait nouveau et révélateur : le 14 juillet, Ève Bazaiba avait écrit à la Première Ministre pour solliciter le retrait de mandat de Delphin Lama, qu’elle prétendait avoir sanctionné. Or, cette correspondance a été largement dépassée par celle du 24 juillet, signée par Antony Kinzo, directeur de cabinet du chef de l’État, qui instruit clairement d’un ton ferme la ministre de rétablir Delphin Lama dans ses fonctions à la tête de l’ACE.
 » Il sied de souligner que cette démarche intervient peu après l’instruction de la haute hiérarchie vous enjoignant de lever la mesure de suspension susmentionnée, tout en invitant l’inspecteur Général des Finances Chef de service à diligenter un audit financier et administratif au sein de l’ACE.

Dès lors je me fais le devoir de vous rappeler la nécessité de vous conformer à l’instruction pré rappelée, et d’en faire rapport d’exécution, dans les meilleurs délais au chef de l’État. » peut-on lire l’insistance du directeur de cabinet du chef de l’État invitant la ministre à l’exécution des décisions de la hiérarchie.

Dans la hiérarchie institutionnelle, il ne fait aucun doute que la directive du cabinet présidentiel prévaut. La ministre est donc appelée à s’exécuter, sans faux-fuyants ni détours. Toute autre posture s’apparente à une forme d’insubordination et expose à des conséquences politiques sérieuses.

En persistant dans sa résistance face aux injonctions du Conseil d’État et de la Présidence, Ève Bazaiba s’illustre désormais comme l’incarnation d’un désordre administratif qui menace les fondements de l’autorité publique. Le chef de l’État et la Première Ministre sont désormais interpellés : il est temps de faire respecter la chaîne de commandement et les principes de la République.

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