RDC/Crise à l’OCC : La Présidence de la République désavoue le comité de gestion
Par Obed BISIDI
Le vernis s’écaille à l’Office Congolais de Contrôle (OCC), et c’est désormais la Présidence de la République elle-même qui sonne l’alerte face à une situation qu’elle qualifie de « critique ». Dans une correspondance datée du 15 juillet 2025, le Directeur de Cabinet du Chef de l’État, Anthony Nkinzo Kamole, s’adresse au Ministre du Commerce Extérieur avec des mots lourds de sens, traduisant un désaveu manifeste à l’égard du comité de gestion actuel de cette entreprise stratégique.


La lettre évoque sans ambages une série de dysfonctionnements graves : non-paiement des salaires dans des délais légaux, engagements excessifs de nouvelles unités sans base budgétaire, mauvaise gestion de la carrière du personnel, traitement discriminatoire des grades, sans oublier un climat organisationnel délétère. Ce tableau alarmant jette une lumière crue sur une direction qui semble avoir perdu le sens de la gouvernance publique.
Des accusations accablantes
Selon la note présidentielle référencée 1747/07/2025, les informations parvenues à la Haute Hiérarchie dénoncent un « management malsain » aux conséquences directes sur le bon fonctionnement de l’OCC. En filigrane, c’est l’inaction, voire l’irresponsabilité, du comité de gestion qui est pointée du doigt. Comment expliquer qu’une institution censée contrôler et réguler se retrouve elle-même à la dérive sur le plan administratif et financier ?
Alors que l’OCC joue un rôle central dans la surveillance de la qualité et de la conformité des produits importés et exportés, son image est aujourd’hui ternie par une gouvernance contestable et un malaise social profond.
Inspection générale des finances à la rescousse
Face à cette situation, le Chef de l’État, par le biais de son Directeur de Cabinet, ordonne un audit financier et organisationnel approfondi par l’Inspecteur Général des Finances-Chef de Service. Une mission de 30 jours est annoncée pour ausculter les comptes et le fonctionnement de l’institution.
La Direction Générale de l’OCC est ainsi tenue de se mettre à la disposition de l’équipe d’audit, un signe clair que la confiance de la Présidence est entamée et qu’un changement de cap est devenu impératif.
Un comité de gestion contesté, un avenir incertain
Les révélations contenues dans cette correspondance viennent légitimer les cris d’alarme lancés ces derniers mois par le personnel et les syndicats de l’OCC, souvent ignorés par une hiérarchie sourde aux appels à la réforme.
Aujourd’hui, c’est le sommet de l’État qui exige des comptes. Le comité de gestion, dont l’incompétence présumée est désormais scrutée au plus haut niveau, pourrait difficilement échapper à une redevabilité immédiate. Les conclusions de l’audit à venir seront sans nul doute déterminantes pour l’avenir de cette équipe dirigeante dont la légitimité est de plus en plus contestée.

