RDC/ Ituri: les richesses minières continuent d’alimenter l’insécurité avec son corollaire des drames [Tribune]

Par Frédérick Lem Amisa

La province de l’Ituri, située dans le nord-est de la République Démocratique du Congo, est dotée de nombreuses richesses naturelles, bien que leur exploitation est souvent entravée par l’insécurité et des problèmes de gouvernance. Voici les principales :

Ressources minières :
L’Ituri est particulièrement riche en minerais, dont :

  • L’Or : le minerai le plus exploité, bien que souvent de manière artisanale et parfois illégale, avec des trafics vers les pays voisins comme l’Ouganda.
  • Le Coltan : La RDC détient une part importante des réserves mondiales de coltan, et l’Ituri en possède également.
  • D’autres minerais peuvent être présents, mais l’or est le plus documenté comme richesse majeure.
    Ressources agricoles et pastorales :
    L’Ituri a un fort potentiel agropastoral grâce à ses sols variés et bien drainés. Les principales productions sont :
  • Les cultures vivrières : manioc, maïs, haricot, arachides, sorgho et riz sont les produits de base.
  • Les Cultures de rente : Le palmier à huile, le café, le cacao et le quinquina sont également cultivés.
  • L’élevage bovin : La région est propice à l’élevage, notamment dans les zones d’altitude.
  • La pêche : Le Lac Albert offre des ressources halieutiques.
    Biodiversité et ressources forestières :
  • Forêt de l’Ituri : Une grande forêt tropicale dense qui abrite une faune riche, dont des espèces rares comme l’Okapi, emblème de la province.
  • Végétation variée : On y trouve des forêts denses, des forêts secondaires, des galeries forestières, des savanes boisées et des prairies.
  • La flore de la province est également très diversifiée.
    Hydrographie :
  • La province est bien drainée par de nombreuses rivières, dont la rivière Ituri (qui devient l’Aruwimi) et partage ses eaux avec les bassins du Nil et du Congo. Cela assure une alimentation hydrique suffisante pour les activités agricoles.
    Potentiel énergétique :
  • Existence de centrales hydroélectriques (comme BUDANA, FOLENYMA I et II, et KODA à Rethy) qui représentent un potentiel pour la production d’électricité.
  • Potentiel en hydrocarbures, notamment autour du Lac Albert, bien que l’exploitation soulève des préoccupations environnementales.
    Défis et enjeux :
    Malgré ces richesses, la province de l’Ituri fait face à des défis majeurs qui empêchent une pleine valorisation de son potentiel :
  • Insécurité : La présence de groupes armés et l’instabilité compromettent gravement l’exploitation des ressources et le développement économique, entraînant souvent le déplacement des populations et l’abandon des champs.
    Un groupe armé ougandais fondé en 1995 appelé ADEF Nalu et regroupant des mouvements d’opposition au président Yoeweri Museveni sème la mort dans cette partie du pays. Avant-hier ils ont brûlés vifs une quarantaine des paisibles citoyens congolais. Selon plusieurs sources, ces étrangers rien que cette année ont massacrés une centaine des compatriotes.

Il sied de signaler que les conflits interethniques sont aussi à la base de l’insécurité, notamment le conflit Hémas ( population Nilotique) et Lendu ( population Soudanique) qui débute dans les années 1970 et s’enracine au fil du temps. Dans les années 90 deux figures desdites communautés s’étaient imposées sur la scène politique. Thomas Lubanga du côté Lendu et le Chef Kawa Panga Mandro du côté Hémas.

Monsieur Alfred Bondobasi Lem-we, commissaire sous-regional du district de l’Ituri, aujourd’hui Province de l’Ituri, nous avait révélé que le conflit entre les deux populations était exclusivement foncier, mais avec des implications de l’Ouganda, car en Ouganda on y trouve aussi les populations Lendu.

  • Exploitation illégale : Le pillage des ressources minières par des groupes armés et l’exploitation anarchique et illégale, souvent sans bénéfice pour les populations locales, sont des problèmes persistants.
  • Manque d’infrastructures : L’insuffisance des routes et des infrastructures de base limite le commerce et le transport des produits.
  • Faible accès au financement : Les difficultés d’accès au crédit et au financement pour les entreprises et les initiatives locales entravent le développement du secteur privé.
    l’Ituri est une province avec un potentiel économique considérable basé sur ses ressources naturelles abondantes, mais sa pleine réalisation dépendra de la stabilisation de la situation sécuritaire et d’une meilleure gouvernance de ses richesses.

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