RDC/Jean-Claude Baende ne mérite plus la confiance de la nation

Par Ompa Ange

Tout au long du régime précédent, aucun gouverneur de province n’avait
pas été révoqué de ses fonctions par le président sortant. Si ce
dernier était allé jusqu’à signer une ordonnance portant révocation du
chef de l’exécutif provincial de cette époque, c’est simplement parce
qu’il en avait assez du comportement ubuesque de cet ancien prêtre
catholique. Les populations de la nouvelle province de l’Equateur
n’avaient donc pas compris que celui dont elles gardent un souvenir
amer de sa gestion, ait été remis en selle par les caciques de
l’ancienne Majorité présidentielle, au point de l’inscrire sur la
liste des candidats au gouvernorat de cette entité
politico-administrative qu’il avait pourtant couverte de l’opprobre
par ses agissements que plus personne ne pouvait supporter.
Ainsi, l’Union sacrée de la nation que prône le chef de l’Etat, Félix
Tshisekedi, ne devrait se muer en une blanchisserie pour laver tous
les mécréants de la République des lourdes fautes par eux commises
dans l’exercice des fonctions qu’ils avaient occupées tant au niveau
national que provincial. Le président de la République doit donc
ouvrir l’œil, et le bon, pour ne pas accepter des personnes bannies
par la nation. Tel est, entre autres, le cas de Jean-Claude Baende,
ancien gouverneur de la province de l’Equateur. En effet, informé des
méfaits dont cet homme se rendait coupable dans l’exercice de ses
fonctions, le président sortant avait décidé de le faire partir pour
éviter des troubles dans la ville de Mbandaka. C’est ainsi que «
considérant la crise politique grave et persistante au sein des
institutions provinciales de l’Equateur, menaçant l’interruption du
fonctionnement régulier de celles-ci », et « revu l’ordonnance
n°09/098 du 11 décembre 2009 portant investiture des gouverneur et
vice-gouverneur de la province de l’Equateur », et après avoir avis
des bureaux de l’Assemblée nationale et du Sénat, Joseph Kabila avait
pris la résolution de signer l’ordonnance n°13/004 du 13mars 2013
révoquant Jean-Claude Baende de ses fonctions de gouverneur de la
province de l’Equateur. Et pour que personne n’en ignore, cette
ordonnance avait été publiée dans le numéro spécial du Journal
officiel de la République démocratique du Congo daté du 16 mars 2013.
Cette ordonnance avait même été lue au journal de 20 heures de la
radiotélévision nationale-RTNC.
C’est le premier gouverneur de province à être ainsi relevé de ses
fonctions depuis la promulgation de la constitution révisée le 20
janvier 2011. Celle-ci dispose en son article 198 révisé que
«Lorsqu’une crise politique grave et persistante menace d’interrompre
le fonctionnement régulier des institutions provinciales, le Président
de la République peut, par une ordonnance délibérée en Conseil des
ministres et après concertation avec les bureaux de l’Assemblée
nationale et du Sénat, relever de ses fonctions le gouverneur d’une
province.» Dans ce cas, selon le même texte, la Commission électorale
nationale indépendante –CENI- est appelée à organiser l’élection du
nouveau gouverneur dans un délai de trente jours.
La liesse à Mbandaka
A l’époque, la nouvelle de sa destitution avait provoqué une véritable
liesse dans la ville de Mbandaka. La boisson avait coulé à flot dans
tous les bistrots du chef-lieu de la province de l’Equateur. Les
députés provinciaux qui avaient destitué Jean-Claude Baende le 17
décembre 2012, estimaient que Joseph Kabila venait de libérer la
province d’une crise institutionnelle qui avait paralysé l’Equateur
pendant une longue période. Dès lors, ils avaient appelé de tous leurs
vœux l’établissement d’un nouvel ordre à l’assemblée provinciale où
existaient deux bureaux qui se disputaient la gestion de cette
institution.
Depuis plusieurs mois, la crise persistait entre le gouverneur
révoqué et l’assemblée provinciale. En effet, cette institution avait
destitué, le lundi 17 décembre 2012, le gouverneur Jean-Claude
Baende, accusé de mauvaise gestion et d’incompétence. Les députés
provinciaux lui reprochaient également d’avoir fermé, à plusieurs
reprises, l’assemblée provinciale pour éviter que la motion de
déchéance introduite contre lui ne soit examinée.
En conséquence, le chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, ne devrait pas
l’accepter à l’Union sacrée de la nation. Jean-Claude Baende a terni
l’image du poste de gouverneur qui doit faire montre de la probité
morale et intellectuelle dans l’exercice de ses fonctions. L’accepter
dans le nouveau paysage politique qui se dessine sous nos yeux,
reviendrait à mépriser les populations de l’Equateur qui espèrent un
grand changement dans le chef des hommes et des femmes qui seront
appelés demain dans les institutions nationales et provinciales de la
RDC.

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