RDC/Scandale à l’Université Pédagogique Nationale.Un professeur et deux chefs de travaux à la porte de la prison !

Tiré de LA RÉSISTANCE

Dans tous les pays au monde, le secteur de l’éducation revêt une importance capitale, dans la mesure où il forme les élites qui auront demain la mission de poursuivre les tâches que réalisent maintenant leurs aînés dans tous les domaines de la vie nationale. Pour ce faire, l’enseignement est appelé à former l’homme dans sa totalité. En conséquence, tous les autres secteurs peuvent souffrir de défaillances, mais des mesures doivent être prises aux fins de préserver celui de l’éducation.
Dans le même ordre d’idées, des dispositions méritent d’être constamment prises par les autorités nationales en vue d’éviter à l’Université pédagogique nationale –UNP- par exemple, des antivaleurs qui pourraient miner d’autres établissements de l’enseignement supérieur et universitaire. Car, la qualité des élèves, plus encore des jeunes, dépend fortement de celle des enseignants que cette université forme et lance chaque année sur le marché de l’emploi.
Un cas de favoritisme à sanctionner à tout prix
Malheureusement, depuis quelques années, l’on déplore que ce soit des professeurs et autres chargés de travaux ou de pratiques professionnelles, qui devaient se distinguer par la probité morale et intellectuelle, soient justement ceux qui favorisent l’obtention des diplômes ou le passage de classe, par des étudiants non méritants. Le dernier cas qui indigne les consciences au sein de cette université, est celui d’une étudiante inscrite en premier graduat des Relations internationales. Ayant échoué à ce niveau, elle disparait de la circulation pour réapparaître en troisième graduat, et plus grave, le jour de défense des mémoires. Sans vergogne, elle est autorisée elle aussi à défendre son travail de fin de cycle. Et pour couvrir leur forfait, le professeur et deux chefs de travaux dont l’un chargé de l’enseignement et l’autre de recherches, prennent place sur la table du jury, et suivent l’étudiante en question.
A la fin de sa défense, les trois jurés lui attribuent une bonne mention, reconnaissant de la sorte sa réussite. Voilà qu’elle se retrouve en première licence. A cette allure, l’on soupçonne ces enseignants de vouloir la faire distinguer à la fin du cycle de licence, de manière à la retenir comme assistant à l’UPN.
Pour ce scandale qui suscite de sérieux remous à l’UPN, les étudiants qui suivent régulièrement les cours et autres professeurs indignés, estiment que leur collègue et ses deux complices méritent la prison. Motif : chercher à détruire l’enseignement supérieur et universitaire en général, et l’UPN en particulier par des actes immoraux. Dans les milieux proches de cet Alma mater, l’on signale que le même professeur s’était rendu coupable, en 2013, de pareilles bévues, sans qu’il soit sanctionné. A l’exception des assistants qui, eux, avaient été renvoyés de l’université. Cette fois, l’on pense que ce nouveau cas ne devrait pas rester impuni, pour éviter la répétition de telles erreurs graves de nature à porter atteinte à l’image de l’ESU. Déjà, sur la liste établie par l’Association des universités africaines, l’UPN occupe la 182è place, ce qui ne l’honore nullement.
Combler la lacune des professeurs qualifiés
Il convient de rappeler que l’Université pédagogique nationale (UPN), anciennement « Institut pédagogique national » (IPN), est un établissement public d’enseignement supérieur et universitaire de la République démocratique du Congo. L’université est située dans la commune de Ngaliema, dans la ville de Kinshasa. L’établissement est créé par l’ordonnance n°73 du 22 septembre 1961, alors connu comme l’Institut pédagogique national de Léopoldville. Sa création visait à combler le manque de professeurs à la suite du départ massif de professeurs belges lors de la crise congolaise. Après avoir sollicité l’aide de l’UNESCO, le gouvernement congolais recruta une équipe de professeurs expatriés afin de former des cadres enseignants qualifiés pour le secondaire. L’institut ouvre ses portes le 5 décembre 1961. Le 25 février 2005, le président de la République, Joseph Kabila, renomme par décret l’Institut en « université pédagogique nationale ». Nous y reviendrons avec force détails dans notre prochaine édition.

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