RDC/Désignation de Félix Tshisekedi à la présidentielle de 2023 par l’AFDC-A,est-ce de la poudre aux yeux ?

Par Longonya Antoine

Il y a quelques jours, notre rédaction s’est fait l’écho des informations selon lesquelles Modeste Bahati Lukwebo, l’autorité morale du regroupement politique l’AFDC-A, pourrait briguer la magistrature suprême en 2023 au cas où les élections se tiendraient en RDC. Croyant démentir ces supputations, ce regroupement politique s’est empressé de désigner l’actuel chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, comme son candidat à la présidentielle de 2023. Ses dirigeants ont, dans un communiqué publié à cet effet, laissé entendre que le moment venu, le président du Sénat allait apporter au président de la République son électorat de l’Est du pays.
Cependant, les observateurs avertis douteraient de la sincérité de cet acte, d’autant que le parcours politique de Modeste Bahati est parsemé de multiples virages à gauche et à droite. Ils rappellent que pour se séparer de Joseph Kabila, un groupe d’acteurs politiques avaient claqué la porte de l’Alliance de la Majorité présidentielle –AMP- et mis en place le regroupement dénommé G7. Modeste Bahati figurait bel et bien sur la liste des co-fondateurs de cette structure qui ouvrit même des bureaux ici et là.
Ayant appris la nouvelle, le président sortant le fit revenir à la raison et lui confie un poste ministériel important, tout en obtenant de lui reniement et dénonciation de ses amis. Il profite alors d’immenses moyens financiers à sa portée pour se doter d’un groupe de sociétés dont le siège se dresse sur le boulevard du 30 juin, derrière l’ambassade de la République sud-africaine. Il met aussi en place son parti, l’Alliance des forces démocratiques du Congo -AFDC- qui installe des fédérations dans toutes les provinces. Au point de hisser ce parti en seconde position après le PPRD.
Des manœuvres en coulisses
Au lendemain de l’alternance intervenue au sommet de l’Etat, et profitant du partenariat entre le FCC et CACH, il remue ciel et terre pour obtenir le poste de speaker de la chambre haute du Parlement. L’autorité morale du FCC ayant préféré Tambwe Mwamba à sa place, Bahati traverse la rue, avec tous ses bagages, pour rejoindre Félix Tshisekedi qui lui confie d’abord la mission d’informateur aux fins d’identifier une nouvelle majorité à l’Assemblée nationale, et le nomme en suite président du Sénat. Il occupe aujourd’hui le rang le plus élevé de la hiérarchie politique de la RDC.
Malgré tous les avantages ainsi obtenus, les observateurs mettraient en doute la sincérité de l’autorité morale de l’AFDC-A. Ils se fonderaient pour cela sur les manœuvres qu’il entreprend depuis des mois pour étendre davantage l’implantation de sa formation politique sur tous les coins et recoins du pays, recruter des personnalités politiques, voire des stars de musique, dont Koffi Olomidé, etc. Ils se demandent si à l’approche des élections, et tenant compte des fortes pressions émanant de l’Est qui s’exerceraient sur sa personne, il ne pourrait pas, une fois de plus, se retourner contre Félix Tshisekedi, et battre finalement campagne pour lui-même? Le passé ne renseigne-t-il pas mieux le présent? L’avenir permettra peut-être de trouver des réponses appropriées à ces interrogations. Affaire à suivre donc.

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