RDC/Après avoir plongé la SONAS dans le gouffre Carole Agito sur les traces de Matata Ponyo !

Par JMB


Tout au long de son passage à la tête de la société nationale d’assurances –SONAS- en qualité de Directrice générale intérimaire, Carole Agito n’a pas brillé par une bonne gestion des ressources humaines, financières et techniques. Au lieu de comprendre qu’elle a échappé à la prison collégialement avec l’ancien directeur général accusé de détournement, à cause de ses appuis politiques, elle a, au contraire, continué à poser des actes qui ont conduit cette entreprise publique à la faillite. Et pour étouffer toute contestation, elle a refusé toute observation, toute critique, etc. Elle a poussé l’outrecuidance jusqu’à faire arrêter des journalistes qui avaient simplement osé rapporter les propos de syndicalistes qui réclamaient le paiement des salaires ainsi que la réhabilitation dans leurs postes, des agents et cadres licenciés illégalement.
Mais, plutôt que de se décourager, les agents et cadres ont continué à s’exprimer à haute voix, à manifester même devant le siège de la Direction générale situé sur le boulevard du 30 juin, dans la commune de la Gombe. Les prouesses macabres de Carole Agito
A ce propos, Jean Mike Botahu, politologue et expert en communication institutionnelle, rappelle notamment que face à la mort qui les guettait avec leurs familles, les cadres et agents de l’assureur national avaient adressé, le 17 novembre 2016, à l’ancien président Joseph Kabila, une lettre intitulée « S.O.S: il ya génocide social à la Sonas».
Dans cette lettre, les signataires lui
expliquaient que « la Sonas est plongée dans un coma à cause de la mauvaise gestion, en témoignent les arriérés de salaires et gratifications monstres ».
Les prouesses macabres de Carole Agito
Les agents et cadres ironisaient en indiquant que ce sont là les prouesses de Carole Agito et de son comité de gestion: 30 mois d’arriérés de salaires; 19 mois de gratifications non payées à la Direction générale. De même, les retraités, eux, attendaient le mois de mai 2014; mais aussi les années 2015 et 2016. Dans la même lettre, le collectif mettait en cause Carole Agito et la Direction des Services généraux sur l’absence de bulletins de paie « sans raison » depuis 2013. Les
cadres et agents se demandaient alors « où était le social prôné par le Gouvernement » de l’époque. Par ailleurs, ils accusaient Agito d’«insubordination» face aux ministres et à l’Administration publique pour avoir refusé d’appliquer la lettre n°0604/MINPF/MM/DM/LMM/2012 du 20 septembre 2012 de l’ex-ministre du Portefeuille, Louise Munga, réhabilitant les cadres et agents licenciés « illégalement » pour avoir revendiqué leurs droits.
Le collectif précisait plus loin dans sa lettre qu’il est incompréhensible qu’il y ait arriérés de salaire à la Sonas d’autant plus que les productions réalisées suffisaient pour payer mensuellement l’ensemble du personnel dont le montant était évalué à 1.300.000
dollars US dans lequel la Direction générale consommait 600.000 dollars pour le paiement des salaires mensuels.
Dans cette correspondance, le collectif des cadres et agents déploraient la descente aux enfers de la Sonas, mais aussi la non-assistance dont ils étaient victimes de la part de l’Etat. Sans oublier les arrestations arbitraires, la corruption pour diviser les grévistes, des licenciements abusifs, des affectations punitives dans les recoins perdus du pays… Enfin, le collectif dressait le portrait de l’entreprise en mentionnant qu’elle «ressemble à un bateau ivre qui a atteint l’overdose qu’il faudra rapidement stopper et c’est depuis l’avènement du comité Agito».
Pour cet expert, le fait que malgré toutes ces dénonciations de mauvaise gestion avec des preuves palpables, Carole Agito n’ait jamais été inquiétée, montrait ses accointances avec les caciques du régime sortant. De sorte que les médias qui refusaient de «vanter ses mérites», étaient bannis dans les milieux de cette entreprise publique. Pendant que les agents étaient impayés, les médias acquis à sa cause parlaient de ses actions d’indemnisation des victimes de sinistres. De la pure propagande communicative.
Ne pouvant pas du tout affronter la concurrence de nouvelles sociétés d’assurance nées à la suite de la libéralisation du secteur, Carole Agito a choisi de se «réfugier» au Sénat, ce qui lui permet de bénéficier de l’immunité parlementaire et d’échapper, croit-elle, à toute poursuite éventuelle.
Malgré son bilan catastrophique à la tête de la Sonas, Carole Agito a été élue dans les conditions que l’on sait, aux fonctions de questeur du Sénat. Les observateurs regrettent fortement ce geste de la part de ceux qui sont considérés comme des sages, d’autant que cette dame ne manquera pas, tôt ou tard, de souiller la vision du chef de l’Etat dans la gestion des fonds de la chambre haute du Parlement congolais.

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